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Le 19 Juin 2025 la Fédération Française de Cyclisme (FFC) valide son règlement médical fédéral établi afin de prévenir et de lutter contre le dopage. Nous découvrons la présence d’un chapitre consacré aux personnes transgenres intitulé : “Chapitre 5 : Conditions d’éligibilité aux personnes transgenres à la licence FFC et aux compétitions autorisées ou agréées par la FFC”. La présence d’un chapitre exclusif aux personnes trans n’est pas forcément discriminatoire, pourtant,  plusieurs termes particulièrement violents ont été utilisés dans ce texte. Avant de procéder à une analyse de fond nous allons nous pencher sur la forme et les propos transphobes employés.

Lien vers le règlement médical de la FFC

Fédération française de la transphobie

Cet article censé s’adresser aux personnes transgenres de manière générale a laissé entrevoir son véritable but : exclure spécifiquement les femmes trans de leurs compétitions. En effet la fin de cet article ne s’adresse plus aux personnes transgenres de manière générale mais bien à “la sportive”. Ce lapsus empli de transmisogynie ne laisse plus de doute quant au caractère discriminatoire et visé de ce chapitre du règlement médical.

Plusieurs termes déshumanisants sont utilisés tout au long du texte, notamment le terme de “transformation” qui est utilisé à plusieurs reprises pour parler de transition. Le terme gonadectomie, traditionnellement utilisé pour désigner la castration de chiens ou de chats, est employé quant à lui en lieu et place du terme plus présent médicalement : l’orchidectomie. Sans même étudier la profondeur de ce chapitre nous pouvons d’ores et déjà percevoir son caractère transphobe par le lexique utilisé.

L’exploit des athlètes trans (pour obtenir une licence)

Afin d’accéder à sa licence, l’athlète doit tout d’abord réunir un nombre considérable de documents jugés utiles par la commission médicale : comptes-rendus de consultation, courriers, comptes-rendus opératoires, ordonnances, bilans sanguins, bilans d’exploration fonctionnelle. Certains termes restent vagues comme “courriers”, ce qui permet à la commission de demander n’importe quels documents et rendre la constitution d’un dossier presque impossible.

L’article 2 de ce chapitre détaille les règles de suivi hormonal mises en place par la fédération pour obtenir une licence de compétition dans la catégorie de genre adaptée. Que ce soit par méconnaissance totale du sujet ou par transphobie assumée, les conditions requises sont à la fois bien trop contraignantes. Par leur complexité, ces règles arbitraires interdisent l’accès à la compétition à toutes les athlètes transféminines.

Dans la longue liste des conditions, il est indiqué qu’une femme transgenre devra “n’avoir connu aucun stade de la puberté masculine [..] après l’âge de 12 ans”.

Pour rappel, moins d’1% des jeunes se déclarant trans débutent une transition médicale avant la majorité. Malgré ce faible taux, la législation concernant les personnes trans mineurs reste la cible d’attaques incessantes depuis ces dernières années. Ce qui rend cette condition également quasiment inexécutable.

Elle devra également “communiquer les éléments de preuve du maintien continu, depuis la puberté, de son taux de testostérone sérique en deçà de 2,5 nmol/L”. Cela revient à fournir toutes les archives continues d’examens médicaux depuis l’enfance. Ces deux conditions sont à des lieux de la réalité des parcours trans.

Pour les personnes transmasculines, une seule exigence : obtenir l’autorisation de l’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) afin d’obtenir une autorisation à usage thérapeutique de leur traitement hormonal. L’argument d’équité devient nul quand on compare les différences de traitements et révèle plutôt une véritable transmisogynie.

Les impacts réels de la transphobie

Le tout premier article (1.1) de ce chapitre consiste en un outing forcé* nécessaire pour prendre sa licence, même dans le but d’acquérir une licence loisir. Jamais une personne ne doit être obligé·e de révéler sa transidentité à qui que ce soit, et cela vaut particulièrement pour le corps médical. Le droit reproductif en France n’étant pas acquis pour les personnes trans, il est probable que les papiers ne représentent pas la réalité. Afin de garder la possibilité à ces personnes de disposer de leurs droits reproductifs, certaines personnes n’effectuent pas de changement d’état-civil. Le genre vécu doit prévaloir pour toute participation à des courses, et non l’état-civil.

Il est également stipulé que la totalité des contrôles sont à la charge de l’athlète. Couplé à la difficulté d’accès à un emploi stable pour les personnes trans, ajouter une pression financière renforce l’inaccessibilité d’accès à cette licence.

Pour couronner le tout, la commission médicale peut à tout moment effectuer une demande spéciale et ouvrir une commission disciplinaire si l’athlète ne répond pas à cette demande. 

La charge mentale infernale de tous ces tests et ces procédures ne permet pas aux athlètes de pratiquer leur sport dans de bonnes conditions. Si une personne arrive miraculeusement à réunir toutes les conditions nécessaires à l’obtention d’une licence, elle est révocable, à tout moment, sur simple demande. Cela consiste à concourir avec une épée de damoclès au-dessus de la tête, un stress permanent et ne devrait jamais être la condition d’aucun·e cycliste.

*Outing forcé : le fait de révéler sa transidentité contre sa volonté

Moins de blabla, plus de droits

Aujourd’hui encore, les différentes fédérations de sport peuvent à leur guise établir des règles qui nient l’égalité des droits envers les athlètes. Cette présupposée équité que les fédérations brandissent comme bouclier contre l’inclusion des personnes trans n’est rien de plus qu’un énième argumentaire transphobe. Le 17 mai dernier, la ministre des sports déclarait que “chacun doit pouvoir évoluer librement dans le sport […] sans subir aucune discimination”. Pourtant la réalité est bien loin des paroles, et les engagements sont encore loin d’être suffisants.

Une véritable politique d’inclusion des personnes trans doit être mise en place. Cela passe par injecter des moyens afin de former les différents acteurs de la vie sportive française, en faisant appel à des associations concernées. En exigeant une véritable contrepartie des différentes fédérations de sport, sans cette contrainte les fédérations peuvent simplement ignorer les exigences et continuer d’appliquer leur règlement anti-trans. Enfin, l’aspect médical ne doit pas être au centre du débat sur l’inclusion des personnes trans. Nos parcours sont suffisamment rythmés et dépendant du système médical pour ne pas tolérer un tel contrôle des corps de la part d’une simple fédération de sport.

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