VRAI / FAUX - "Les femmes trans ont un avantage biologique qui justifie de les exclure du sport pour assurer l'équité"
Publié le 17/08/2026
8 min read - Rédigé par Lexie (@aggressively_trans)
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FAUX
Le sport est main dans la main avec l’accès aux toilettes publiques comme espace d’exclusion des personnes trans.
Au nom d’une équité et de protection des femme cis, présentées comme “les vraies femmes” invisibilisées, prédatées par les athlètes trans, les gouvernements réactionnaires en ont fait un champ d’action priviliégiée des politiques anti-trans.
La justification repose sur un appel au bon sens : les femmes trans en tant qu‘“hommes biologiques” seraient systématiquement avantagées et leur participation devient intrinsèquement de la triche. Il s’agit aussi d’une instrumentalisation des luttes féministes.
À première vue ça semble logique…
Mais, comme d’autres questions nous concernant, il s’agit avant tout d’une panique morale assise sur des discours obscurantistes et une confusion entretenue sur l’état des connaissances scientifiques en plus d’une solide dose de mauvaise foi sociale.
On va commencer par ce fait : les données actuelles ne permettent pas d’affirmer que les femmes trans disposent, après transition hormonale, d’un avantage sportif général, systématique et suffisamment démontré pour justifier leur exclusion global du sport féminin.
La donnée récente la plus intéressante est une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2026 dans le British Journal Of Sports Medicine. Elle conclut que, bien que les femmes trans présentent en moyenne davantage de masse maigre que les femmes cis, leur condition physique mesurée est globalement comparable.
Une autre étude de 2024 mettait elle en avant que l’hormonothérapie dégrade certaines facultés sous la moyenne des femmes cis, notemment la détente verticale. La même étude soulignait également la distribution moins homogène de la masse musculaire après une hormonothérapie prolongée mais aussi une capacité aérobie relative en moyenne moins bonne que les femmes cis ( c’est la quantité maximale d’oxygène à disposition du corps par unité de temps par rapport au poids, donc ce qui aide à nourrir le muscle pendant l’effort, moi non plus j’y connaissais rien…).
Par ailleurs, la masse musculaire n’est pas une mesure directe de la performance sportive. Selon le sport, la puissance, l’endurance, le poids corporel, la technique, la coordination, le rapport puissance/poids et la capacité cardiovasculaire ont des effets très différents. C’est précisemment pourquoi extrapoler d’une caractéristique biologique à un “avantage universel” est scientifiquement fragile.
Les effets de l’hormonothérapie
Les effets de l’hormonothérapie sont souvent déformer par les discours politiques ou ignorés, comme si on se mettait une perruque mais que rien ne changeait au cours d’une transition médicale : faisons le point.
La prise des traitements dit féministants a des effets physiologiques profonds et assez rapides. D’abord sur la fonte musculaire et sa répartition ; ensuite sur les taux d’hémoglobine et d’hématocrite (c’est la concentration en globule rouge du sang et ça joue sur la bonne irrigation du muscle) qui rejoingnent les taux moyens des femmes cis après quatre mois seulement. Au bout d’un an, la diminution de la force est aussi significative.
Pour nuancer, ces changements n’annulent pas des avantages génétiques individuels, et que certains avantages musculaires peuvent demeurer jusqu’à trois ans. Ce n’est pas un absolu, ça se contrôle au cas par cas. On ne peut pas dire que tout avantage disparait immédiatemment et systématiquement, mais plus le temps passe et plus ceux-ci sont nivelés. Les contrôles et les délais, c’est justement déjà ce qu’est imposé et controlé chez les athlètes présentant des irrégularités anatomiques, hormonales et/ou génétiques.
Une autre étude sur les avantages résiudels
D’après Effect of gender affirming hormones on athletic performance in transwomen and transmen de 2020, les seuls avantages résiduels chiffrés concernaient les performances en course mais l’étude ne concernait pas des sportives d’élites comparées individuellement à des sportives cis équivalentes en niveau d’entraînement. Elle ne permet pas non plus de généraliser son résultat à la natation, l’haltérophilie, le football, l’escrime ou d’autres disciplines.
Toutes ces données s’ajoutent au fait que l’organisation du sport professionnel est par ailleurs déjà attentif, dans le contrôle et la surveillance, et impose des fourchettes pour autorisation à concourir.
Croire que n’importe qui peut faire n’importe comment et profiter du système est absurde et ingore par ailleurs les violences imposées à de nombreuses sportives, principalement racisées et intersexes.
Une équité sportive ?
Et tant qu’on parle de comment fonctionne le milieu du sport, parlons un peu d’à quel point il est arbitraire de dénoncer des “avantages injustes” envers une minorité sans voir les catégories actuellement existantes ne garantissement pas une équité absolue.
Le sport de haut niveau est entièrement construit autour de différences biologiques exceptionnelles : taille, longueur des membres, densité osseuse, capacité cardiaque, proportions corporelles, fibres musculaires… et chez les sportifs cis, ces écarts sont acclamés.
On ne reproche ni à Usain Bolt, ni à Michael Phelps leurs état biologique qui leur a permis de monopoliser la victoire dans leurs sports…les femmes cis n’ont pas non plus toutes une situation physique de base égale et donc équitable et les simples catégories de genre ou de poids sont très insuffisantes si on veut faire du sport pro un domaine où tout le monde part du même endroit. Idem, les moyens matériels, financiers jounent énormément dans l’entraînement et les performances mais ça non plus, on ne le dit pas.
Ces exigences imposées seulement aux sportifves trans ne démontrent pas d’une simple vigilance mais d’un double standard largement nourri de préjugés transphobes. Ce n’est pas juste le potentiel avantage qui inquiète, c’est une image des femmes trans comme malhonnêtes, vicieuses, tricheuses, prédatrices, qui est convoquée autour du débat.
Une revue systématique sur l’activité physique des personnes trans oubliée en 2024 constate une activité physique plus faible chez les populations cis, les femmes trans étant particulièrement susceptibles d’être moins actives. Les études qualitatives identifient de manière répétée comme causes le stigmate, les discriminations, les vestiaires, les environnements sportifs hostiles et la structure extrêmement binaire des institutions sportives. Quand les personnes participent elles sont 33% à signaler des violences dans le sport.
Par ailleurs, les assauts politiques et législatifs pour nous exclure entraînent une hausse des stigmatisations et encourage aux violences avec une justification morale à celles-ci.
Le sport est non seulement un facture d’inclusion social mais offre des bienfaits physiques et sur la santé mentale démontrés ; leur refus à des groupes de population constitue une forme d’eugénisme sociale et symboliquement marque une non appartenance à la même société que les personnes jugées normales.
Pour autant, on est loin d’avoir régler le débat même avec des études solides. Il faut reconnaître qu’il reste une controverse scientifique, notamment parce que certains arguent que les effets d’une puberté ne sont pas complètement annulés par la suppression de la testostérone et qu’ils peuvent conserver une importance sportive. Une critique scientifique publiée en 2024 du cadre du CIO défend explicitement cette position sans pour autant en offrir une démonstration claire.
En tout état de cause, une politique rationnelle devrait donc être donc être proportionnée, fondée sur la performance et spécifique à la discipline plutôt qu’à partir de l’hypothèse que le statut trans constitue à lui seul un avantage injuste et adopter en conséquence une attitude maximaliste sur l’exclusion. Par ailleurs, une constante une très claire dérive de ces politiques injustifiées en appliquant de plus en plus l’exclusion totale à des disciplines où la question de l’avantage est évidemment de mauvaise foi : fléchettes, échecs, curling, croquet… les fédérations nous rejettent massivement et on voit clair dans le jeu transphobe de certaines.
Pour aller plus loin…
C’est transphibe mais c’est aussi sexiste, notamment dans le cas des échecs puisque basé sur des discours absolument misogynes sur les écarts d’intelligence entre les hommes et les femmes. Tout le dénat sur l’avantage biologique, l’exclusion, a largement nourri des violences contre des athlètes cis perçues comme des mauvaises femmes, trop musclées, pas assez délicates…avec des relents de paternalisme immmonde et de volonté de contrôler et normer les corps de tout le monde, sauf des hommes cis.
Le débat démontre aussi sa mauvaise foi quand il n’est jamais appliqué aux hommmes trans à qui one ne reconnait aucun désavantage biologique qui nécessiteraient une adaptation de la pratique pour ne pas les faire se mesurer à des sportifs cis qui seraient biologiquement avantagés sur eux.
Je concluerais en soulignant l’aspect de panique morale de toute cette question qui ne concerne en fait qu’une poignée de sportives qu’il serait facile d’accompagner. En l’état des choses, reconnaissons que les athlètes trans qui concourent n’ont pas brillé…
Une remise en perspective un peu honnête permettrait d’apaiser le débat : il n’ya pas eu d’immense raffle collective des médailles par des vilaines trans surpuissantes ; il n’y en aura pas. Mais encore et tonjours se multiplient des discours dégradants, diabolisants à notre encontre jusque dans la pratique sportive des enfants qui devraient y apprendre l’entraide, s’amuser, grandir…et qui pour une partie d’entre elleux, doit apprendre très tôt que leur existance est considérée comme nuisible.
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